Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 11:42

Devenir une femme Bondo.Renata-decembre-2011-081.jpg

La rencontre avec les femmes Bondo lors de mon premier voyage à Masanga en septembre 2010 m'avait marqué profondément. Je devinais une force, une implication, une reconnaissance et une joie de partager. C’est qui m'a fait retourner à Masanga avec Janny pour participer à la troisième cérémonie Bondo "new style" grâce au soutien de l'association MEA mais surtout soutenue et vivement voulue de Ya Ramatu Fornah et de Michèle, deux femmes Bondo spéciales et merveilleuses.

 

Renata décembre 2011 129

 

Cette fois l'arrivée à Masanga a été très forte émotionnellement grâce à la familiarité entre les femmes et les fillettes déjà connues. Les embrassades et étreintes, revoir cet endroit, au milieu de cette atmosphère de joie et de fête qu'il y avait dans tout le village, m'ont fait jouir comme un enfant à une fête d'anniversaire

Dimanche soir est arrivé. Je me rapprochais du moment dans lequel je devrai me livrer, me laisser aller totalement et entrer dans leur monde. Pour moi une Poto occidental (nom donné au blanc) sans aucun genre d'expérience semblable c’était vraiment faire un saut dans une nouvelle dimension.

Michèle a illustré les moments différents de la semaine de préparation à la cérémonie et je voudrais partager la partie émotionnelle que j’ai vécue en passant 7 jours consécutifs, 24 heures sur 24, avec des femmes et fillettes qu'ils parlaient une langue m’étant inconnue.

Après être entrée pour la première fois dans la maison Bondo j’y ai passé ma première nuit dans une petite pièce sombre entourée par femmes et fillettes. J’ai essayé de dormir pendant qu'à l'extérieur les Sampas jouaient avec leurs tambours et chantaient à l'infini les chants Bondo, comme des mantras. Et voilà mes peurs qui se sont présentées: sens de claustrophobie, besoin de place, d'air, je me sentais emprisonnée, contrainte à rester dans un endroit pour moi trop petit. J'écoutais la musique qui venait de l'extérieur et j'observais dans l'obscurité cette multitude de femmes et fillettes se blottir parterre les unes sur les autres et qui dormaient.

Malgré la difficulté de ne pas connaître leur langue, le Temene, ces femmes merveilleuses prenaient soin de moi comme elles le faisaient avec leurs fillettes. Elles tâchaient de m'enseigner toute leur tradition mais en comprenant aussi ma diversité, en y apportant beaucoup de petites attentions pour me faciliter l'expérience, mais aussi en me mettant à l'épreuve et en me sollicitant avec énergie à participer à leurs chants et à leurs danses.

La relation avec ces femmes incroyables a été intense et profonde en touchant beaucoup d’émotions de différentes couleurs et nuances: de la frustration que j'éprouvais quand je ne comprenais pas ce qu’elles me disaient ou lors de leur demandes continuelles de répéter une chanson ou un pas de danse et alors je me sentais comme une fillette contrainte à subir l'autorité du maître. Après il arrivait la joie et la satisfaction lorsque je réussissais de danser et de chanter avec elle en rythme en me sentant finalement à l’aise avec les sonorités de cette nouvelle langue.

Parfois je me sentais comme un petit animal d’un zoo, l’objet de leur curiosité qu'inévitablement ma présence, de Poto, provoquait. Souvent se succédait un défilé  de femmes, jeunes et moins jeunes, grandes et petites filles venant du village juste pour nous voir. Elles restaient tranquillement à nous observer, étudier, scruter ce que je faisais et surtout comment je le faisais. Le beau de ça c’est que ça se passait sans aucun embarras des deux parties. Tout était dirigé, simple, manifeste et ensuite naturel et spontané.

Je me rappelle le plaisir des femmes jeunes connaissant l'Anglais m'expliquant avec persévérance le sens de leurs chants. Elles me les faisaient répéter jusqu'à je réussisse l'objectif.

Je me rappelle avec un sens infini et profond de plénitude et de liberté mes tentatives d'imiter les mouvements du bassin, du dos et du rythme du battement des mains que les fillettes, infatigable avec joie et gaieté, m'engageaient en ces jeux fait de danses et chants.

Parfois je me découvrais à observer ces femmes prendre soin de ces fillettes, leur couvrir la tête, leur laver, ou pendant qu'elles leur étalaient de la crème sur le corps, vaseline, ou pendant qu'elles les préparaient pour la nuit, ou bien quand elles allumaient les feux le matin dans la forêt, tout ça avec des gestes simples, essentiels que je retrouvais aussi chez des petites filles de 7/8 ans qui s’occupaient des plus petites avec la même spontanéité naturelle.

Alors de ma mémoire émergeaient les récits de ma maman et des nonnes, de leur histoire et de leur enfance et  j'entendais ainsi clairement en moi la sensation d'appartenance à ce monde qu'y coulait avec le rythme de la nature, de l'énergie de la terre, de la lumière, du jour et de la nuit et notre présence suivait ainsi ce mouvement.

Parfois je m'arrêtais à observer ces femmes fortes, les Sampa et les Sowé qui, avec Ya Ramatu Fornah, menaient les différents moments et les rituels de l'initiation qui aurait permis à 58 fillettes et deux Potos le passage et l'entrée dans le clan des femmes Bondo sans subir le rituel de la mutilation. Cela m'émouvait profondément.

Le regard intensif de Ya Ramatu Fornah, son témoignage, sa présence, sa force et son honnêteté, si clair, vrai et profond qui vont au-delà de chaque mot dit ou écrit, me fais sentir un très grand sens de gratitude envers elle. Je la remercie de m’avoir accueilli et de m’avoir permis cette rencontre et ses étreintes avec les femmes Bondo. Je suis Chèma Ruko! Fino!!!! Bondo, fino!!!Renata-decembre-2011-205.jpg

 

 

Par Michèle - Publié dans : Excision
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 15:36
     
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Ca y est nous avons organisé et financé la 3ème cérémonie des femmes Bondos SANS la pratique de l’excision. Nous préservons ainsi une tradition ancestrale se composant de danses, de chants et d’enseignements sous forme de jeux-théâtrale. L'intétêt est que tout s'y fait comme d'habitude sauf la pratique de l'excsion.
L’atmosphère de ce regroupement de femmes est très puissante et un peu hypnotisante.  Après une semaine on a envie d’y rester.
 
 
 
 
 
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En décembre 2011 je suis partie à Masanga avec Renata et Janny. Elles avaient envie de goûter à une cérémonie Bondo. Pas seulement de loin mais d'y participer pleinement, d'en faire l'expérience vivante. Je crois qu'elle sont enchantées de ce qu'elles ont vécus. J'espère qu'elles nous enverrons leurs impressions.
Ce nouveau type de cérémonie dure une semaine au lieu de deux ou trois car il n’y a pas besoin d’attendre la cicatrisation des filles. La veille tout le monde danse avec les sampas, les exciseuses qui n’exciseront pas, les filles et leur famille.      
  

Tard dans la nuit femmes et filles se rendent en cortège devant la maison bondo. Au son des tamtams les filles rentreront l’une après l’autre à l’intérieur traversant une haie de femmes chantant à tue-tête. On n’en ressort pas !
       
Les sowés (exciseuses) enduisent chaque nouvelle fille de craie blanche avant qu’elles se trouvent une place pour dormir sur une natte à même le sol.

Le matin à l’aube tout le monde se rend dans la forêt. Il fait frais à cette saison alors on se couvre avec ce que l’on trouve et on fait du feu pour se réchauffer. Il arrive parfois, malgré le froid,  que l’on se rende à la rivière ou dans les marais pour s’imprégner de la nature, laisser son corps nu rentrer en contact avec l’eau.    

 

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Contrairement à la vie de tous les jours ici on mange trois fois par jour. Le matin des mamans apportent des bouillies ou des femmes du village profites de vendre des petites préparations locales à bas de manioc, de pois  ou de farine blanche.  A midi et le soir nous avons engagé des cuisinières qui préparent dans d’énormes casseroles. Les plats : du riz avec des sauces à base de feuilles de manioc, de feuilles de patates ou de courges, de concentré de tomate, piment, oignons et cubes de Maggi le tout agrémenté de petits morceaux de poisson séchés ce qui donne un peu le même goût à chaque aliment.     

         

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Les danses sont entrainantes et cette-fois mes copines ont eu droit à un vrai costume, chapeau inclus. On apprend à bouger le corps, surtout au niveau de la colonne, des épaules et du bassin. Ce qui semble tellement facile pour eux l’est beaucoup moins pour nous. On voit vite nos blocages autant physiques que du paraître. Chez eux pas de gêne, on y va et c’est parfait. Les chants traditionels se succèdent ainsi que toutes sortes d'activités que je vous laisse découvrir en images.

 

 

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Cette année les sowés de Magburaka sont venues avec leur petites sampas, qui on un foulard rouge et qui ont dansé comme des reines. Pour devenir sampa il faut des années d’entrainement strict.

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Personne n’échappe à la séance de purification qui commence par des chants sacrés. Un liquide fait de feuilles médicinales et recette secrète a été préparé par les sowes. 

 

 

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Le dernier jour tout le monde de blanc vêtu fait le tour du village en chantant et avisant les familles que bientôt chacune retournera à la maison. La fête commence et même le démon est de la partie!

 

 

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Retour en brousse pour se débarbouiller et devenir princesse avec des vêtements tout neufs y-compris chaussures et bijoux.  

 

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Financer de plus en plus de cérémonies de ce genre me semble le moyen le plus intéressant pour changer les habitudes car il me semble que l'excision est devenu plus une habitude qu'une tradition.  A chaque occasion je rappelle aux sowes (exciseuses)  que le jour où la loi qui interdira l’excision en Sierra Leone passera, les femmes qui suivent ma proposition ne perdront rien mais au contraire celles qui continuent d'exciser  perdront leur tradition, leur statut, leur gagne-pain  et la liberté car elles se retrouveront en prison.  MEA-decembre-2011-386.jpgJe vous remercie infiniment pour vos dons et votre participation à ce programme, Michèle

Par Michèle - Publié dans : Excision
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 10:52
Les mille "rencontres" avec l'Afrique. Octobre-2010-389.jpg
 
J'ai rencontré Mìchèle en Espagne en mars du 2007, toutes les deux nous participions à un séminaire et Michèle a parlé de son expérience en Afrique, sa rencontre avec la gens de Masanga et son projet: créer une école maternelle pour les fillettes dont  les parents s'engageant à ne pas leur pratiquer l’excision.
 
Le désir d'aider Michèle dans ce projet a été pour moi naturel et immédiat et j'ai accepté de devenir marraine d’une petite fille, Fatima. Depuis ce moment est né en moi un très fort et insistant désir de connaître cette réalité. C’était une attraction et un appel profond auquel je n'ai pas pu résister. Fin 2010 j'ai enfin réussi à organiser mes congés de travail pour accompagner Michèle à Masanga afin d’organiser le début de l’année scolaire.
 
Je ne savais pas exactement ce qu’y m'attendrait et qu'est-ce que j'aurais fait mais j'avais une sensation profonde que je serais revenue enrichie de ce voyage et que j'aurais beaucoup plus reçu que j’aurais cherché à donner. Et il a été comme ça!
 
La rencontre avec Michèle à l'aéroport de Bruxelles le 10 septembre 2010 a été joyeux et plein d'enthousiasme. Nous avions beaucoup d'énergie à dépenser en cette aventure, pour moi toute nouvelle. L'arrivée à Masanga, même maintenant, je n’arrive pas à le décrire,…. j'ai seulement le souvenir profond de l'émotion que j’ai ressenti en voyant les gens mais surtout les femmes, les mamans, les fillettes et les enfants acclamer Michèle, une femme blanche Bondo de retour à Masanga, en chantant et en accompagnant avec le battement rythmique des mains et des "djembe" (instrument à percussion Africain), en dansant autour d’elle et avec elle, en riant et en créant un flot incroyable d'énergie venant de la terre rouge de l'Afrique et il se répandait dans l'air, dans les couleurs intenses de ce territoire.
 
Je me suis laissée prendre et envelopper des    
femmes merveilleuses qu'ils m'enlaçaient et des mille enfants qui cherchaient, d’abord timidement et puis de plus en plus curieux, un contact avec moi…Ce fut comme rentrer dans la mer pour se laisser porter par le courant et le flux et reflux des flots… une rencontre magique avec les gens de Masanga.
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Depuis le premier jour tous s'est déroulé avec extrême simplicité mais avec grande intensité. Michèle s'est consacrée sans se ménager à rencontrer tous les parents et les enfants inscrits à son programme… on ne peut pas imaginer le travail que demande cette organisation, comment répondre aux besoins de qui n'a pas presque rien afin de leur donner une occasion, une possibilité, un changement positif à ces petites fillettes et enfants qui seront les adultes du prochain future.
 
 
 
 
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Ma rencontre a été surtout avec les petites de l'école maternelle de Michèle. C’est avec difficulté parce que je ne trouve pas les mots que je peux dire combien précieux et spécial a été cette rencontre. Pouvoir rester au contact avec elles en offrant mon temps, observer leurs jeux leurs conquêtes,… aussi leur difficulté, les peurs et laisser que la communication arrive naturellement malgré la difficulté d'une langue pour moi incompréhensible comme le temene.  Mais à travers des chansonnettes, des danses, des jeux, d'embrassades, des regards, des sourires et des petits gestes d'attention, tout ceci remplissait mes journées entièrement en me laissant une sensation de plénitude et harmonie où "tout" vraiment "tout va bien."
 
Aussi précieuses ont été la comparaison et la rencontre avec les maîtres de l'école de Michèle. Cette année a été inauguré la classe primaire. Seize petites merveilles qui avaient déjà fréquenté l'école de Michèle ont commencé maintenant la 1ère année primaire.
 
LOctobre-2010-236.jpg'attention pour l'Éducation et les programmes didactiques est encore très insuffisante et pauvre dans ce pays. Avec son projet Michèle apporte une aide réelle et  pour ces maîtresses, une occasion de s’améliorer, pour grandir professionnellement, pour acquérir de nouvelles connaissances et expériences avec les petites filles. Pendant les quelques semaines que j'ai passé avec elles ça a été très positif voir aussi les maîtresses qui se sont mis en jeu et nous nous sommes mesurées ensemble, en échangeant opinions et suggestions didactiques pour créer le milieu et l'atmosphère la plus favorable pour accueillir, stimuler, encourager la croissance et l'apprentissage de celles 64 petites merveilleuses créatures.
 
La rencontre avec les gens de Masanga et des villages voisins a été émotionnante. Leur pauvreté ne réussissait pas à couvrir l'intensité de leurs regards directs et profonds, leur capacité de jouir dans l'espoir d'une aide et de t'accueillir avec sincère gaieté entre les chants et les danses.Octobre-2010-361.jpg
 
La rencontre avec la nature de l'Afrique a été très forte. Les couleurs, du vert entendu des plantations de riz et des palmiers au rouge de la terre, de l'obscurité de la nuit aux mille tonalités de jaune, violets, roses, bleus, verte, rouge, oranger des vêtements traditionnels, les odeurs, le son de la pluie, le chant incessant de petits oiseaux, cigales et grillons, le son de l'océan, le couler silencieux des fleuves, ils ont accompagné mon bref séjour en me laissant un souvenir intense et profond.
 
Beaucoup de mois ont passé mais chaque rencontre unique dans ce voyage a laissé en moi quelques traces invisibles mais absolument indélébiles et profondes qu'il me donne la sensation de faire partie d'un voyage incroyable et mystérieux qu’est la VIE.
 
Je suis infiniment reconnaissante et heureux d'avoir connu Michèle et de la grande occasion qu'elle m'a offert.
Renata
 
Par Michèle - Publié dans : Voyages
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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 16:49
A la demande de l’Association Masanga Education Assistance, j’ai passé deux semaines à Masanga , Sierra Leone, pour faire un reportage photos, début septembre, période de la rentrée scolaire, sur les 250 enfants pour lesquels l’ONG prend en  charge tous les frais d’éducation.
Pour les 64 fillettes des quatre classes enfantines de Masanga, directement gérées par MEA, ainsi que pour certaines filles des écoles voisines, les parents et les autorités locales se sont engagés à ne pas les faire exciser en échange de l’éducation gratuite.
Première surprise, plutôt désagréable: Le visa délivré par le Consulat à Genève n’est pas valable: ancienne formule; Discussions, palabres, refus de payer à nouveau, etc.. Enfin un visa provisoire pour cette fois-ci est délivré.
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Deuxième surprise mais agréable: l’aéroport de Freetown est situé sur une île, et il faut prendre un petit bateau rapide pour rejoindre le continent. A marée basse, le bateau ne peut accéder au ponton et les passagers et les bagages sont transbordés dans les bras ou sur les épaules d’employés. Le trajet prend 30 minutes.
 
La ville de Freetown ne présente aucun intérêt. Elle est sale et bruyante, voitures et motos klaxonnant sans arrêt. Les rues, autrefois goudronnées, sont défoncées, la conduite est difficile, voire impossible la nuit. L’argent est changé au noir dans les rues : on est vite millionnaire en monnaie locale.
Quatre à cinq heures sont nécessaires pour traverser Freetown et effectuer les 180 km  du trajet jusqu’à Masanga  sur une bonne route, sauf les 25 derniers kilomètres sur une piste en sable et terre. Le paysage est partout le même : palmiers, herbes hautes, buissons, cultures de riz.
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Quel accueil dans les villages et à Masanga même ! Les femmes et les enfants se portent au-devant de la voiture, en chantant, en dansant, en embrassant tout le monde. C’est la fête! Et quelle ambiance! Nous sommes escortés jusqu’au la maison des bénévoles au centre.
 
 
 
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Sympathique le centre : les constructions sont au milieu d’une ancienne palmeraie et  heureusement, Il y a de l’ombre, car il fait chaud au soleil et le taux d’humidité est de 100%. Il pleut des averses tropicales violentes tous les jours; l’eau du ciel est plus chaude que celle du puits et la douche sous la gouttière est un régal.
 
 
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Journée préparatoire avec les parents (surtout les mamans) et les enfants; discours,  applaudissements, chansons, danses, discussions dans un joyeux brouhaha. Au final, les listes pour chaque classe sont établies et les uniformes distribués.
 
 
 
 
474 L'arrivée des mamans
Le jour de la rentrée scolaire, les mamans apportent le bois pour la cuisine. En classe, les fillettes, dont chacune a une coiffure différente, sont très sages et obéissantes, pas turbulentes même à la récréation et pendant le repas de midi.  Les bénévoles mangent comme les élèves : riz...riz, sauce au poisson séché et feuilles de manioc. Pratiquement pas de variétés. C’est lassant pour nos palais d’occidentaux. 
Masanga est un gros village très pauvre avec un hôpital (ancienne léproserie), sans électricité (quelques groupes électrogènes) ni eau courante, mais des puits; les maisons traditionnelles avec une structure en bois, les murs en pisé et le toit en chaume ont presque toutes disparu au profit de parpaings en béton et de toits en tôle; Les cuisines à l’extérieur de la maison sont à même le sol, les casseroles en équilibre sur trois pierres et un feu de boi
C’est à moto que je visite neuf des villages avoisinants dont Rogbeshe; belles ballades!..quand on ne prend pas une averse. Tous ces villages ont gardé un aspect plus traditionnel que Masanga.
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L’accueil est partout le même; chaleureux et exubérant. Vite, allons d’abord saluer le chef de village et l’instituteur. Puis, regroupement des enfants et des parents pour les photos: Il faut bien prendre des notes pour ne pas confondre; Il y a beaucoup de noms identiques. Pour les faire sourire, quelques mimiques et cela marche presque toujours.
Ces gens ne possèdent presque rien mais gentillesse et chaleur humaine émanent de tous.
Super séjour et une expérience nouvelle. Pourquoi ne pas y retourner si l’occasion se présente ?
Pierre-Louis Levasseur
 
Par Michèle - Publié dans : Voyages
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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 16:12
Bonjour à tous,
 
J’ai passé tout le mois de septembre à Masanga mais cette fois sous une pluie soutenue et un taux d’humidité à 100%.
 
La jeep qui nous a été offerte par Gaznat à Aigle est ENFIN arrivée sur place (pas chargée sur le bateau prévu, problème d’amarrage et lutte pour la sortir du port…) bref j’ai pu en profiter pour la dernière semaine de mon séjour ce qui n’était pas un luxe.
 
En attendant j’ai pris les taxis locaux pour mes déplacements urgents. Lorsque je dis taxi ça veut dire 4 roues qui tournent en vibrant dans tous les sens sous une carrosserie passoire₺ et surtout un pot d’échappement qui envoie ses gaz dans l’habitacle… Résultat des courses, mes poumons n’ont pas du tout aimé ça.  Je suis rentrée épuisée.
 
Mais passons aux bonnes nouvelles.
 
028-Accueil-a-Massanga.jpg
 
 
 
L'arrivée est toujours aussi émouvante !
 
 
 
 
 
 
 
Sowes--18-.jpg
 
 
 
Huit exciseuses de Magburaka, le chef-lieu du district, sont venues avec leur fille et petites filles afin que nous les inscrivions dans notre programme contre l’excision ! Ça c’est énorme ! Je me suis empressée de dire OUI bien sûr.
 
 
 
En décembre nous organisons la 3ème cérémonie Bondo SANS l’excision avec 60 filles. Marie Kamara, une ancienne collaboratrice de l’OMS rentrée au pays nous aide sur place.
 
Pierre-Louis--1-.jpg
 
 
Je suis partie cette année avec un ami, Pierre-Louis, qui a pris et répertorié les photos des enfants afin de les envoyer aux  parrains-marraines. Un énorme travail qu’il a superbement bien fait et qui m’a beaucoup soulagé. 
 
 
 
 
Nous avons pour la 1ère fois deux supers bénévoles qui viennent du Danemark. Soren, pour gérer le programme, l’école et la formation continue des maîtresses indigènes. Jacob, qui construit une maison pour les cérémonies Bondos et s’occupe également de l’entretien du site MEA.
 384
Nous avons  organisé la rentrée scolaire de notre école, des enfants en primaires et de ceux en secondaire. A ce jour nous avons un total de 270 élèves dont 225 filles échappant à l’excision. MAIS 5 autres vont rejoindre la cérémonie en décembre et une environ 60 attendent dans le village de Rogbeshe. Encore une fois, si je trouve assez de monde pour travailler sur place nous pouvons acceptez l’inscription de 1000 filles demain…
 
 
 
Une petite histoire pour terminer ce bref récit :
 
En 2007 est née Marion. Elle était si petite que nous ne pensions pas qu’elle allait vivre. Sa maman est une de nos anciennes élèves. Je lui ai donné ma couverture toute douce pour tenir son bébé bien au chaud et lui ai conseillé de la mettre au sein le plus souvent possible. L’année suivant j’ai retrouvé cette petite fille en pleine forme mais sa maman est Limba, un clan qui excise aussi les filles. Je lui ai dit de ne pas le faire, que je prendrais Marion dans le programme mais elle a refusé. Chaque année je suis allée la trouver et … cette année j’ai gagné. Maman et fille sont venues me trouver. Marion, si belle avec ses grands yeux intelligent, a commencé l’école enfantine dans notre école OUF ! Rien que pour ça j’ai le courage de continuer.
Marion Koroma B2 (2)
Mes amitiés à vous tous et encore un grand merci car sans vous ce programme n’existerait pas.
 
Michèle
 
 
Par Michèle - Publié dans : Voyages
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  • : EXCISION DES PETITES FILLES DE MASANGA Lors de mon dernier voyage à Masanga j'ai été confrontée à l'excision des petites filles. Elle se pratique généralement entre 3 et 5 ans. La période propice est de février à avril. Comment repartir en sachant
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