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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 10:00

Renata 1.13 331

Mon voyage à Masanga en janvier 2013

Nous sommes parties à 4. Renata qui m’a énormément soutenue durant 3 semaines, Florence et Laurie qui ont passé 1 semaine en brousse avec les femmes bondo et 60 petites filles et sont devenus shama Sama et shama Yenke et moi qui ai courru d'une village à l'autres pour roncontrere toutes les filles et leurs parents. Laurie a eu tout loisir de poser des questions pour son travail d’étude sur le sujet de l’excision en Sierra Leone.

9.1.13 119La 5èmecérémonie bondo sans l’excision a eu lieu sur un site donné par Pa Bassie Conteh, un ancien du village et membre du comité mis en place à Masanga. Dorénavant toutes les futures cérémonies auront lieu sur ce site à la grande joie des sowes (exciseuses). Les soixante filles ayant participé viennent de 10 nouveaux villages de la section LaLenken rejoignant notre programme. Reste 4 villages qui nous adhérerons sans doute en avril. Le programme MEA compte désormais plus de 400 filles venant de 26 villages.

 

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Le district de Tonkollili comprend 7 sections. Le paramountchief m’a demandé d’étendre le programme à toutes les sections ! Un énorme travail que je ne pense pas pouvoir assumer seule.

 

 

Heureusement, pour la première fois depuis l’ouverture du programme nous avons trouvé un coordinateur qui fournit un travail remarquable à tous niveaux. Il nous a même poussées au travail le soir… Je peux enfin souffler un peu et surtout avoir un bras droit. J’espère que ça durera et que nous pourrons donner de plus en plus de responsabilité au comité mis en place. Il va aussi instaurer un programme de sensibilisation des hommes.  

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A la fin de la cérémonie nous avons eu une grande réunion avec 42 exciseuses dont Sampa Sankoh, la cheffe suprême venant du chef-lieu.  C’est la 1ère fois que je la rencontrais. Elle parle bien l’anglais et semble une femme intelligente et ouverte.

 

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 Ce qui est le plus intéressant pour elles toutes c’est l’éducation que propose MEA aux filles rentrant dans le programme. Je pense qu’il est important de continuer dans ce sens mais en donnant une chance aux meilleures élèves. Il est impensable de sponsoriser toutes les filles de Sierra Leone ! 

Je leur ai proposé d’organiser une cérémonie pour celles qui voulaient bruler leur panier comprenant tous leurs outils d’exciseuse et ainsi de perdre le droit de pratiquer. Elles me demandent d’être patiente. Une tradition reçue de leurs ancêtres ne s’abolit par comme ça surtout en respect de leur mémoire.  Par contre elles ont fait référence à une loi qui demande de ne plus exciser des petites filles avant l’âge de 18 ans. Elles semblent être prêtes à respecter cette proposition. A voir…

Lors de notre visite aux enfants vivant du côté de Magburaka nous avons parlé avec Sampa Safira et Sampa Nandawa. Toutes deux se disent prêtes à arrêter et demandent de suivre une école de gara (méthode de coloration de tissu traditionnel). Notre coordinateur va s’informer des possibilités et des coûts.

Le programme continue donc de faire bouger les mentalités.

 

Une journaliste a fait une émission sur cette 5ème cérémonie et j’ai eu des échos très favorables en ville. 

 

Nous prévoyons une 6ème cérémonie en avril de cette année. Nous venons de créer un partenariat avec IAC, comité interafricain et un autre est en cours de discussion avec FDID, en espérant pouvoir faire plus.

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Laurie, la fille de notre secrétaire, est venue faire son travail de master à Masanga en participantz à une cérémonie. Voici le reportage qu'elle en a fait grace à un ami.

 

 http://www.youtube.com/watch?v=qa4WlwvIlBg&list=PLtpLMg4aDBsCrZaA5wDE0BUfDvSlMx_Wf

 

Je remercie tous les sponsors, parrains-marraines de leur soutien car c’est ensemble que nous sommes arrivés à autant de succès,

 

 

Michèle Moreau Directrice et Vice-présidente de l’association MEA

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 11:59

Je n’avais jamais pensé de partir à Masanga en avril, c’est un mois chaud et surtout très très poussiéreux.

En circulant derrière un camion sur une piste je me retrouve  dans un brouillard rouge-orangé, on n’y voit absolument plus rien. Tout a pris la même couleur, rien n’y échappe même pas les arbres.

Je suis allergique à cette poussière qui rentre dans tous mes orifices, me dessèche complètement.  Je me couvre avec un grand foulard et je jure que la prochaine fois j’apporterai  une réserve de masques, de serviettes humides et me couvrirai de la tête aux pieds. 

Les dernières nouvelles de mon programme sont très encourageantes.

 

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C’est Haja Marie Kamara qui a organisé la 4ème cérémonie des femmes Bondos SANS l’excision. C’était parfait !  
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60 petites filles de 5 villages ont ainsi participé aux différentes cérémonies.
  
  
  
 
 
Pour la 1ère fois la condition n’était pas de leur payer leur scolarité mais simplement de sponsoriser la cérémonie. La raison principale de ce choix est que nous ne pouvons pas payer l’école à toutes les filles de Sierra Leone même si ceci les sauve de l’excision.
Les familles ont toutes été d’accord. Ceci montre l’importance de l’appartenance à ce clan de femme nommé « Secret Bondo Society »
 
 
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Des mamans de Massokoreh et de Magbontoh heureuses de nous présenter leurs filles.  
 
Dans une année nous convoqueront ces filles, les contrôleront physiquement pour voir si les conditions ont bien été respectées. Nous choisirons les 5 meilleurs élèves de chaque village auxquelles nous payeront les études. Ceci stimulera les enfants que les parents.
 
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Lors de cette 4ème cérémonie  Il y avait plus de 30 exciseuses qui étaient présentent pour se rendre compte de notre travail. Elles apprécient notre proposition de sponsoriser des cérémonies SANS l’excision.
Certaines d’entre elles voudraient rejoindre notre programme. Nous attendons leur proposition.
La marraine du programme, ex-exciseuse et présidente de notre association en Sierra Leone va organiser en fin d’année une grande cérémonie avec toutes les sowes (exciseuses) des environs. Ça sera un moment de partage, un bilan de la situation mais aussi l’occasion de leur proposer de remettre leur panier comprenant tous leurs outils et fétichismes sans lesquels elles ne peuvent plus exciser. 
 
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Il y a 25 villages dans le district Lal-Lenken. Pour l’instant 12 participent à notre programme. A notre grande joie, le comité que nous avons mis en place à Masanga nous demande d’accepter les 13 autres villages dans le programme MEA.
Nous espérons trouver les moyens pour aller dans ce sens.
 
 
Nous avons visité Lunsar, un grand village dans un autre district. Les exciseuses, le chef et les anciens voudraient un copier-coller de notre programme. Ils nous mettent un terrain à disposition pour la construction d’une école enfantine et un site pour faire les cérémonies.
 
Je pense sincèrement qui si d’autres organisations collaborent avec nous autant dans une implication physique que financière dans moins de 10 ans l’excision aura disparu en Sierra Leone.
 
 
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Na Sokkoh, l'exciseuse la plus puissante des environs, a fait un très grand pas en me demandant de prendre 2 de ses petites filles dans notre programme. Elle a beaucoup apprécié que je la salue avec tout le respect qu'il se doit. Inkere! J'aime beaucoup sa force cachant plein de sensibilté.
 
Les sowes attendent d'autres femmes blanches ayant envie de vivre une semaine d'espérience en brousse pour devenir elles aussi femmes Bondo. Elles seront fières et heureuses de vous accueillir. Vous êtes donc les bienvenues lors de notre prochaine cérémonie en fin d'année ou début 2013! Michèle
 
 
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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 11:42

Devenir une femme Bondo.Renata-decembre-2011-081.jpg

La rencontre avec les femmes Bondo lors de mon premier voyage à Masanga en septembre 2010 m'avait marqué profondément. Je devinais une force, une implication, une reconnaissance et une joie de partager. C’est qui m'a fait retourner à Masanga avec Janny pour participer à la troisième cérémonie Bondo "new style" grâce au soutien de l'association MEA mais surtout soutenue et vivement voulue de Ya Ramatu Fornah et de Michèle, deux femmes Bondo spéciales et merveilleuses.

 

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Cette fois l'arrivée à Masanga a été très forte émotionnellement grâce à la familiarité entre les femmes et les fillettes déjà connues. Les embrassades et étreintes, revoir cet endroit, au milieu de cette atmosphère de joie et de fête qu'il y avait dans tout le village, m'ont fait jouir comme un enfant à une fête d'anniversaire

Dimanche soir est arrivé. Je me rapprochais du moment dans lequel je devrai me livrer, me laisser aller totalement et entrer dans leur monde. Pour moi une Poto occidental (nom donné au blanc) sans aucun genre d'expérience semblable c’était vraiment faire un saut dans une nouvelle dimension.

Michèle a illustré les moments différents de la semaine de préparation à la cérémonie et je voudrais partager la partie émotionnelle que j’ai vécue en passant 7 jours consécutifs, 24 heures sur 24, avec des femmes et fillettes qu'ils parlaient une langue m’étant inconnue.

Après être entrée pour la première fois dans la maison Bondo j’y ai passé ma première nuit dans une petite pièce sombre entourée par femmes et fillettes. J’ai essayé de dormir pendant qu'à l'extérieur les Sampas jouaient avec leurs tambours et chantaient à l'infini les chants Bondo, comme des mantras. Et voilà mes peurs qui se sont présentées: sens de claustrophobie, besoin de place, d'air, je me sentais emprisonnée, contrainte à rester dans un endroit pour moi trop petit. J'écoutais la musique qui venait de l'extérieur et j'observais dans l'obscurité cette multitude de femmes et fillettes se blottir parterre les unes sur les autres et qui dormaient.

Malgré la difficulté de ne pas connaître leur langue, le Temene, ces femmes merveilleuses prenaient soin de moi comme elles le faisaient avec leurs fillettes. Elles tâchaient de m'enseigner toute leur tradition mais en comprenant aussi ma diversité, en y apportant beaucoup de petites attentions pour me faciliter l'expérience, mais aussi en me mettant à l'épreuve et en me sollicitant avec énergie à participer à leurs chants et à leurs danses.

La relation avec ces femmes incroyables a été intense et profonde en touchant beaucoup d’émotions de différentes couleurs et nuances: de la frustration que j'éprouvais quand je ne comprenais pas ce qu’elles me disaient ou lors de leur demandes continuelles de répéter une chanson ou un pas de danse et alors je me sentais comme une fillette contrainte à subir l'autorité du maître. Après il arrivait la joie et la satisfaction lorsque je réussissais de danser et de chanter avec elle en rythme en me sentant finalement à l’aise avec les sonorités de cette nouvelle langue.

Parfois je me sentais comme un petit animal d’un zoo, l’objet de leur curiosité qu'inévitablement ma présence, de Poto, provoquait. Souvent se succédait un défilé  de femmes, jeunes et moins jeunes, grandes et petites filles venant du village juste pour nous voir. Elles restaient tranquillement à nous observer, étudier, scruter ce que je faisais et surtout comment je le faisais. Le beau de ça c’est que ça se passait sans aucun embarras des deux parties. Tout était dirigé, simple, manifeste et ensuite naturel et spontané.

Je me rappelle le plaisir des femmes jeunes connaissant l'Anglais m'expliquant avec persévérance le sens de leurs chants. Elles me les faisaient répéter jusqu'à je réussisse l'objectif.

Je me rappelle avec un sens infini et profond de plénitude et de liberté mes tentatives d'imiter les mouvements du bassin, du dos et du rythme du battement des mains que les fillettes, infatigable avec joie et gaieté, m'engageaient en ces jeux fait de danses et chants.

Parfois je me découvrais à observer ces femmes prendre soin de ces fillettes, leur couvrir la tête, leur laver, ou pendant qu'elles leur étalaient de la crème sur le corps, vaseline, ou pendant qu'elles les préparaient pour la nuit, ou bien quand elles allumaient les feux le matin dans la forêt, tout ça avec des gestes simples, essentiels que je retrouvais aussi chez des petites filles de 7/8 ans qui s’occupaient des plus petites avec la même spontanéité naturelle.

Alors de ma mémoire émergeaient les récits de ma maman et des nonnes, de leur histoire et de leur enfance et  j'entendais ainsi clairement en moi la sensation d'appartenance à ce monde qu'y coulait avec le rythme de la nature, de l'énergie de la terre, de la lumière, du jour et de la nuit et notre présence suivait ainsi ce mouvement.

Parfois je m'arrêtais à observer ces femmes fortes, les Sampa et les Sowé qui, avec Ya Ramatu Fornah, menaient les différents moments et les rituels de l'initiation qui aurait permis à 58 fillettes et deux Potos le passage et l'entrée dans le clan des femmes Bondo sans subir le rituel de la mutilation. Cela m'émouvait profondément.

Le regard intensif de Ya Ramatu Fornah, son témoignage, sa présence, sa force et son honnêteté, si clair, vrai et profond qui vont au-delà de chaque mot dit ou écrit, me fais sentir un très grand sens de gratitude envers elle. Je la remercie de m’avoir accueilli et de m’avoir permis cette rencontre et ses étreintes avec les femmes Bondo. Je suis Chèma Ruko! Fino!!!! Bondo, fino!!!Renata-decembre-2011-205.jpg

 

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:36
     
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Ca y est nous avons organisé et financé la 3ème cérémonie des femmes Bondos SANS la pratique de l’excision. Nous préservons ainsi une tradition ancestrale se composant de danses, de chants et d’enseignements sous forme de jeux-théâtrale. L'intétêt est que tout s'y fait comme d'habitude sauf la pratique de l'excsion.
L’atmosphère de ce regroupement de femmes est très puissante et un peu hypnotisante.  Après une semaine on a envie d’y rester.
 
 
 
 
 
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En décembre 2011 je suis partie à Masanga avec Renata et Janny. Elles avaient envie de goûter à une cérémonie Bondo. Pas seulement de loin mais d'y participer pleinement, d'en faire l'expérience vivante. Je crois qu'elle sont enchantées de ce qu'elles ont vécus. J'espère qu'elles nous enverrons leurs impressions.
Ce nouveau type de cérémonie dure une semaine au lieu de deux ou trois car il n’y a pas besoin d’attendre la cicatrisation des filles. La veille tout le monde danse avec les sampas, les exciseuses qui n’exciseront pas, les filles et leur famille.      
  

Tard dans la nuit femmes et filles se rendent en cortège devant la maison bondo. Au son des tamtams les filles rentreront l’une après l’autre à l’intérieur traversant une haie de femmes chantant à tue-tête. On n’en ressort pas !
       
Les sowés (exciseuses) enduisent chaque nouvelle fille de craie blanche avant qu’elles se trouvent une place pour dormir sur une natte à même le sol.

Le matin à l’aube tout le monde se rend dans la forêt. Il fait frais à cette saison alors on se couvre avec ce que l’on trouve et on fait du feu pour se réchauffer. Il arrive parfois, malgré le froid,  que l’on se rende à la rivière ou dans les marais pour s’imprégner de la nature, laisser son corps nu rentrer en contact avec l’eau.    

 

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Contrairement à la vie de tous les jours ici on mange trois fois par jour. Le matin des mamans apportent des bouillies ou des femmes du village profites de vendre des petites préparations locales à bas de manioc, de pois  ou de farine blanche.  A midi et le soir nous avons engagé des cuisinières qui préparent dans d’énormes casseroles. Les plats : du riz avec des sauces à base de feuilles de manioc, de feuilles de patates ou de courges, de concentré de tomate, piment, oignons et cubes de Maggi le tout agrémenté de petits morceaux de poisson séchés ce qui donne un peu le même goût à chaque aliment.     

         

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Les danses sont entrainantes et cette-fois mes copines ont eu droit à un vrai costume, chapeau inclus. On apprend à bouger le corps, surtout au niveau de la colonne, des épaules et du bassin. Ce qui semble tellement facile pour eux l’est beaucoup moins pour nous. On voit vite nos blocages autant physiques que du paraître. Chez eux pas de gêne, on y va et c’est parfait. Les chants traditionels se succèdent ainsi que toutes sortes d'activités que je vous laisse découvrir en images.

 

 

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Cette année les sowés de Magburaka sont venues avec leur petites sampas, qui on un foulard rouge et qui ont dansé comme des reines. Pour devenir sampa il faut des années d’entrainement strict.

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Personne n’échappe à la séance de purification qui commence par des chants sacrés. Un liquide fait de feuilles médicinales et recette secrète a été préparé par les sowes. 

 

 

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Le dernier jour tout le monde de blanc vêtu fait le tour du village en chantant et avisant les familles que bientôt chacune retournera à la maison. La fête commence et même le démon est de la partie!

 

 

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Retour en brousse pour se débarbouiller et devenir princesse avec des vêtements tout neufs y-compris chaussures et bijoux.  

 

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Financer de plus en plus de cérémonies de ce genre me semble le moyen le plus intéressant pour changer les habitudes car il me semble que l'excision est devenu plus une habitude qu'une tradition.  A chaque occasion je rappelle aux sowes (exciseuses)  que le jour où la loi qui interdira l’excision en Sierra Leone passera, les femmes qui suivent ma proposition ne perdront rien mais au contraire celles qui continuent d'exciser  perdront leur tradition, leur statut, leur gagne-pain  et la liberté car elles se retrouveront en prison.  MEA-decembre-2011-386.jpgJe vous remercie infiniment pour vos dons et votre participation à ce programme, Michèle

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 18:55

Résumé de la réunion avec les chefs du district de Tonkollili et le chef de la section avec les Sowers du district.


Le 17 avril 2010.


Rencontre avec les Sowers et les chefs de district et de la section de Kholiffa Rowalla durant une cérémonie Bondos se déroulant à Rogbeshe, chef lieu du district.

 
Etaient présent,
 
Pa Singbie,  Chef de section, de Rogbeshe
Na Socco, grande exciseuse en chef, travaille et habite à Magburaka
Ya Sampa, ex-exciseuse et marraine du programme MEA, de Masanga
Na Roukkoh, exciseuse,  de Kholiffa.
Susan Conteh, représentante des droits humains et protection de l’enfance, de Magburaka.

Michael Fodé Cissé, coordinateur MEA

  
Susan Conteh, protection et droit de l’enfant. Souhaite la bienvenue à tout le monde.  On est là aujourd’hui pour parler des droits de l’enfant.
Je suis excisée mais aujourd’hui je ne ferai pas ça à mes enfants. J’ai trois filles que je ne vais jamais exciser.

Il y a beaucoup de désavantages à faire l'excision. Toutes les femmes excisées doivent bien les connaître. Je vous encourage vous toutes les Sowers (exciseuses) de bien réfléchir et mettre fin à cette pratique.

Merci à mon frère Michael et sa femme pour nous avoir aidés en construisant une école uniquement pour les filles non excisées. C’est une première dans ce pays. On va vous aider, que l'état vous encourage et mettre votre école en numéro 1. Bravo à vous.


Michael Fodé Cissé, coordinateur à Masanga. C’est très bien de garder les coutumes de notre pays. Il faut absolument garder les bonnes et jeter les mauvaises.  Si les Sowés font les cérémonies sans les excisions elles vont toujours garder leur travail. On n’est pas là pour les critiquer mais pour respecter les droits des enfants. Il faut donner le temps aux filles de choisir si elles veulent le faire ou non.

Si j’ai des filles je ne les ferai pas exciser.

Pour qu’un pays se développe il faut accepter des changements. Il donne l’exemple de Susan qui a été excisée mais qui ne fera pas exciser ses filles.

Il rappelle que médicalement c’est prouvé qu’il y a des problèmes suite à l’excision. Il remercie pour la collaboration de tous.
 
Pa Singbie, chef de section de Rogbeseh. Salut à vous tous.  Merci à Michael et sa noble femme pour ce que vous avez fait dans ma section.

Ca n'est pas facile d’arrêter cette pratique en un jour mais je suis sûr que ça va fonctionner.

Je vous donne mon appui sans rien vous demander. Que vous programme marche et que personne ne touche les enfants inscrits dans votre programme. Je vais travailler avec Ya Sampa et les autres Sowers pour vraiment diminuer la pratique de l’excision. Je vous soutien et je suis là pour vous à tous moment. Salutation à Michèle et à toutes les personnes qui nous aident. L'éducation est la clé de ce monde. Ma prochaine demande et que je besoin d’une même école ici à Rogbeseh. Merci.
 
Ya Sampa, marraine du programme de Masanga. Salutations à tout le monde. Je suis la marraine de ce programme. Je n’ai jamais été à l'école. Je n'a aucune maîtrise sauf l'excision qui était le métier qui me faisait vivre de jour en jour. Je vous promets que j'ai tout arrêté et que je vais honorer mon rôle de marraine de ce programme. Durant une cérémonie j’ai rendu toutes mes affaires de Sower. J’ai repris mon nom de naissance soit Ramatu Fornah. Je veux rester et continuer à soutenir ce programme de tout mon possible. L’avenir de ces enfants me concerne énormément.

Je suis contente de l'école et de tout le matériel fourni aux enfants.

Merci a Michael et Michèle pour leur travail.

 
Na Socco de Magburaka. Bonjour, je suis Na Socco la femme de plus puissante de la région. Pour moi je suis tout à fait ok d’arrêter ce métier. Maintenant on va faire de plus en plus ce type de cérémonie sans y-inclure l’excision. Je connais bien Michèle et Michael de Masanga. A partir de ce jour je suis avec vous et je suis prête à vous soutenir partout. Si vous êtes prêt, l’année prochaine nous pourrons faire une autre cérémonie Bondos sans l’excision et je viendrai volontiers pour la conduire. Tous vos enfants qui sont dans votre programme sont protégés et que personne ne les touches.

Merci pour votre travail et bravo pour cette superbe école enfantine à Masanga.

Le Paramount chief, dirigeant du district de Tonkollili  est venu me trouver à Masanga le le 18 avril 2010.

Il nous félicite pour notre travail et pour la construction de l’école enfantine. Il ma promis qu’il va nous soutenir et qu’il est à notre disposition si nous avons des problèmes à résoudre pour faire progresser le programme.  

Lui et son peuple aime notre programme et le soutiendront à tout moment.

Il remercie infiniment Michèle et toute l'équipe MEA suisse.

 


Pa Alie Kamara, chef de Masanga est gravement malade. Il dit qu’il nous soutien pour tout.

Il remercie Michèle et Michael et toute l'équipe de MEA pour cette école. Je lui ai donné un bâton de marche traditionnel.

 


 

Michael le 27 avril 2010

 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 17:27

Je devrais plutôt dire notre initiation car Reta et 95 petites filles m’accompagnaient.

  Janvier 2010 b 010Eras Masanga 877















 

 

C'est quoi les femmes Bondos ? C’est une société de femmes très renommées et puissantes en Sierra Leone. La majorité des femmes du pays en font partie. Elles se rassemblent, pour faire des cérémonies secrètes ou des fêtes comprenant de multiples enseignements sur la vie ainsi que des chants, de la musique et des danses traditionnels et...l'excision.

Mais ce n’est pas seulement ça. Il y a aussi tout un côté spirituel et magique ainsi que beaucoup de superstition. Vrai ou non ça ne donne pas envie de trop plaisanter avec. 


Eras-Masanga-887.jpgJanvier 2010 b 015














 

 

 

C’est quoi une initiation Bondos ?

C’est rentrer dans la forêt sous bonne garde et en ressortir seulement le jour décidé par les Sowés, les grandes cheffes et exciseuses.  Pas tout le monde peut-être Sowé. Il faut être reconnue comme telle et suivre un long enseignement. Nous avons eu l’honneur d’être initié par la plus grande du district : Na Sokoh Fornah. Une femme à vous couper le souffle de par sa puissance.


Eras-Masanga-589.jpgLes diverses cérémonies qui y sont pratiquées sont secrètes et de toute façon on n’a même pas envie d’en parlé en sortant. L'une d’elle est l’excision qui est une « marque » de passage, le fait de devenir une vraie femme ou d'être pur ou sérieuse ?
Certain l’appelle circoncision ce qui me fait penser qu’un jour il y a peut-être eu une  dérive.  La circoncision féminine devrait alors être l’ablation du capuchon de clitoris et non de tout l’organe…

Une autre cérémonie est le bain du matin dans la rivière que j’appréciais beaucoup car rafraichissant et dépoussiérant.

Il y a aussi des séances de purification. On laissera tous nos habits souillés aux mains des cheffes.

 



Enduites de craies le dernier matin nous défileront dans le village puis après un dernier bain nous nous feront toutes très belles pour retrouver nos familles.

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Notre initiation c’est donc faite SANS la cérémonie de l’excision.

Nous avons reçu un nom particulier : je m’appelle Chéma Ruko car entrée la première et Reita s’appelle Chéma Burrah car la deuxième. Chaque petite fille a un nom selon les traits de son visage.

 

Durant les cérémonies les grandes initiatrices recouvrent leur tête d’un tissu rouge et blanc, signe de reconnaissance. 


Nous pouvons maintenant prendre part à toutes les cérémonies Bondos de la région (sauf dans les cases ou se pratique l'excision) ce qui veut dire que nos petites filles ne seront pas exclues de la société et ceci sans être excisée.
 

Il semblerait que les autorités interdisent maintenant l’excision avant 18 ans (ça c’est un truc des diverses ONG) car pour moi c’est JAMAIS. Je n'ai encore rien trouvé d'officiel et de toute façon il faudra du temps jusqu’à ce que la loi soit vraiment appliquée. 

Janvier 2010 b 195
Notre initiation aura donc plus de poids que je ne l’avais prévu car si les grandes cheffes ont compris le message elles pourront continuer légalement leurs cérémonies en omettant juste la pratique de l’excision. Elles garderont ainsi leur statut de femmes honorées ou de prêtresse, leur gagne pain (et ça coute des cérémonies de ce genre) et le pays ne perdra pas une tradition ancestrale qui pour ma part est magnifique et importante. Et en prime, le plus important pour moi : les petites filles garderont leur intégrité ce qui est le but principal de ce programme.

 


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Ya Sampa, la cheffe des Bondos de Masanga (au milieu) a tout organisé pour nous, moyennant finance bien entendu. C’est la dernière cérémonie qu’elle a présidé car en mars elle va « se laver les mains » terme pour dire qu’elle perdra son statut et reprendra son nom de naissance. La raison ? Les Sowés n’ont pas le droit à des funérailles dignes.
 





Ce n'est qu'un début mais ça va plus vite que je ne le pensais. Un homme de là-bas m'a dit que dans 10 ans il n'y aurait plus d'excision dans les environs. Je l'espère bien mais en attendant je continue à accepter le maximum de petites filles afin de leur éviter d'être mutilée.

Vous trouverez des petits visages sur la rubrique "des petites filles à parrainer". Merci de vous joindre à nous et merci à Reita pour son enthousiasme et son soutien.

 

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Mais voici d'autres infos sur ce voyage qui dura 6 semaines. Reta
m’a accompagné ainsi qu’Erasmus, un jeune hongrois. Nous sommes partis avec des kilos de bagages, surtout des jeux et du matériel scolaire pour l’école.  









Ils ont tous les deux commencé par travailler à la construction de la cuisine de l’école et du réfectoire, car les enfants sont nourris tous les jours, ainsi que de la maison du gardien.


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Nous avons fait venir une entreprise pour creuser le puits. Ceci a pu se faire grâce au don de € 5'000.- reçu par Mme Stellin de l’association italienne Erika que je remercie encore une fois.

 

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J’espère que tout sera fonctionnel pour la prochaine rentrée scolaire en septembre. Michael est sur place pour y veiller.

 

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Reta s’est ensuite occupée de l’école enfantine et de la formation des maîtresses en leur proposant des jeux ludiques pour enseigner notamment les couleurs et les chiffres.


Avec un jeune couple franco-danois passant par-là ils ont décorés le préau de lettres et de chiffres.  





A ce jour plus de 160 petites filles échappent à l'excision grâce à notre programme et à votre soutien. Nous vous en remercions vivement, Michèle, Michael et le team MEA.  


                                  Dernier jour 046 (7)

 
 

 

 

 

 












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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 19:39
Et oui nous vous ne rêvez pas, c'est bien Ya Sampa, la femme la plus respectée des environs, chef des "Bondos woman" (en bleu)  qui vient proposer 2 petites jumelles dans notre programme. Elle ne veut pas qu'elles soient excisées.


Le succès de notre initiative continue!

Je pars le 11 septembre à Masanga pour 2 mois. Je vais organiser la rentrée scolaire dans la nouvelle école que Michael vient de terminer. Deux classes recevront chacune 24 élèves. 

Notre coordinatrice a une liste d'attente de plus de 20 élèves. Elle doit aller visiter un autre village ces prochains jours.

Alors si vous aussi vous êtes passionés par cette lutte joingnez-vous à nous.

Avec le coeur, Michèle



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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 15:49



A
ma droite, serrée contre moi, Ya Sampa. C'est la chef des "bondos" de Masanga, la femme la plus influente du coin.

Je n'en dit pas plus sauf qu'elle s'est proposée de venir parler aux femmes dans d'autres villages. Elle est convaincue qu'aujourd'hui l'éducation est plus importante que l'excision.

C'est grâce à elle que nous avons pu ouvrir notre école.

J'ai rencontré une autre de ces femme très influente lors d'une réunion dans la village de Mathora. Une femme de caractère que je préfèrerais avoir comme amie. Elle a parlé brièvement dans sa langue sans trop s'occuper de moi. Résultat:  elle approuve le programme.

Une femme de Masanga, rencontrée sur un chemin m'a dit: "nous les femmes de Masanga on t'aime!"

Je ne mets pas en doute ce programme et la parole de ces femmes et je suis heureuse de travailler avec elles.



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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 12:34











       VIVA !








10 parrainages en une semaine!

Encore 10 petites filles qui échapperont à cette terrible mutilation traumatisante, destructrice autant émotionnellement que physiquement.

Mais tous ensemble nous pouvons faire encore mieux.  Que vous soyez prof. , secrétaire, informaticien, constructeur, électricien, photographe, écrivain, imprimeur ou bricoleur, que vous ayez envie de faire le voyage et l'expérience à Masanga ou tout simplement que vous ayez envie de vous joindre à nous avec vos propositions.  

Bienvenus!




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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 12:05

Tous les jours je découvre quelque chose de nouveau.

En fait lorsque les villageois disent qu'il n'y a pas eu d'excision à Masanga cela veut dire qu'il n'y a pas eu, depuis deux ans, de grand rituel d'excision. 

C'est quoi un grand rituel ? C'est des excisions en masse ou une quantité de filles sont excisées le même jour dans un lieu retiré. Après environ une semaine elles reviennent au village avec leurs mères, grands-mères et exciseuses, que des femmes bien entendu, afin de faire la fête. 

C'est ce genre de cérémonie qui ne ce fait plus.

Reste des parents croyant fermement à la nécessité de faire exciser leur enfant et qui le font discrètement à la demande. Même si cette pratique me rend dingue je ne peux rien faire sauf accepter leur choix et me dire que les temps changent et qu'il y en aura de moins en moins.

J'ai réussi à faire un grand pas en respectant leur choix et c'est comme ça que j'ai épargné l'excision à plus de 50 filles. Je reste donc positive et regarde en avant, sautant de joie chaque fois qu'une nouvelle maman tape à ma porte.

Quatre autres villages sont au courent du programme et commence à présenter leur petite fille et ça c'est génial!



Aujourd'hui il y a plus de filles excisées mais dans 5 ans il y aura plus de filles non-excisées ce qui influencera de beaucoup la population.

Alors ne baissons pas les bras et allons-y gaiement, Michèle

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  • : EXCISION DES PETITES FILLES DE MASANGA Lors de mon dernier voyage à Masanga j'ai été confrontée à l'excision des petites filles. Elle se pratique généralement entre 3 et 5 ans. La période propice est de février à avril. Comment repartir en sachant
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